Presque un mois que nous n'avons rien publié, ça commence à faire long ! Mais bon, c'est le mois d'août, tout marche un peu au ralenti et nous aussi ! Nous avons surtout été bien occupés ces derniers temps, nous n'avions pas toujours internet et on n'a pas vraiment eu de moments posés Bref, nous allons essayer de combler ce long silence et de vous raconter les dernières semaines.

Je m'étais arrêtée à Dharamsala, la veille de notre départ pour Manali...

 

Nous avons donc quitté Dharamsala par une matinée pluvieuse dans un bus local au confort plutôt sommaire, pour 11 heures de route dans des paysages magnifiques : nous étions au milieu des montagnes et des rivières, la végétation changeait avec les kilomètres, passant des forêts de pins aux palmiers, aux cactus, à la forêt tropicale... C'était vraiment chouette ! Le trajet est passé vite, mais on est quand même arrivés avec les fesses en compote et la vessie prête à exploser ! On a trouvé rapidement un hôtel (on commence à faire confiance aux chauffeurs de rickshaw qui veulent absolument nous amener dans telle ou telle guesthouse, et finalement ça marche plutôt bien car on a de bonnes surprises et on reste dans notre budget) : grande chambre, lit confortable, eau chaude et surtout balcon avec vue sur la montagne ! Parfait pour 3 jours dans cette petite ville très touristique (un peu trop?!). Dans le quartier où l'on loge, on ne croise presque que des touristes, de nombreuses boutiques de souvenirs et fringues, et des restos aux menus occidentalisés... Je ne suis pas fana de ce genre d'endroits (même si le cadre est franchement superbe)... Mais durant ces 3 jours, nous essayons de sortir un peu à la découverte de la campagne et des forêts environnantes : balades dans des hameaux éloignés au milieu des enfants qui jouent au cricket ou au badminton, des femmes qui font leur lessive dans le ruisseau, des vaches, chèvres, poules et moutons. Cela nous fait penser la campagne profonde française des années 60 dont nous avons entendu parlé par nos mamans, dans un décor tropical ! La seule ombre au tableau, c'est la pluie qui gâche quelque peu les après-midis, mais nous trouvons à nous occuper, entre siestes et parties endiablées de Koryo ou de Hanabi !

 

Puis arrive l'heure du grand départ pour Leh, dans le Ladakh, au nord de l'Inde, au cœur de l'Himalaya ! Nous prenons le bus le 5 août à 8h pour une arrivée prévue le 6 août vers 20h... C'est parti pour deux jours de bus dans les montagnes ! Pour les précisions, cette route est la deuxième la plus haute du monde et existe depuis la fin des années 1980 ; elle fait environ 480 kilomètres ; elle franchit six cols dont un à 5430 mètres et un autre à 5020 mètres (les autres sont entre 4000 et 4800 mètres) ; enfin, elle est ouverte uniquement de juin à fin septembre, et est régulièrement coupée à cause d'éboulements. Heureusement, le bus est assez confortable et on n'est pas trop serrés ! Ah, et il joue « La Lettre à Elise » quand il recule ! La première journée de trajet est plutôt soft : 7 heures de bus à une altitude encore correcte. Nous traversons des paysages impressionnants, la végétation change puis disparaît, on voit des chutes d'eau, de la neige sur le bord, des sommets enneigés au loin. On fait régulièrement des haltes dans des petits hameaux le long de la route, formés de baraques en terre et de tentes. On croise aussi de nombreux motards, ce qui donne envie ! L'hébergement pour la nuit et le repas sont compris dans le billet de bus : nous passons la nuit à Keylong, ville étape du voyage. Tous les passagers dorment sur des lits de camp sous des tentes de 5 personnes ; nous partageons la notre avec un couple de français et un allemand. L'ambiance est sympa, nous mangeons tous dans une grande salle, on se partage deux salles de bain crados (et on a même trouvé de la bière que l'on partage avec nos compagnons de tente en regardant le soleil se coucher sur les montagnes). Le lendemain matin, réveil général à 3h30 du matin, ça pique ! On reprend la route à 4h, c'est reparti pour une journée à traverser des paysages époustouflants, difficiles à décrire ! Nous avons parfois l'impression d'être dans Star Wars, sur Tatooine. On voit même un troupeau de yaks sauvages ! Puis, comme bien entendu un tel trajet ne peut pas se passer sans au moins une galère... un peu avant le plus haut sommet (à 4 kilomètres exactement), le Tanglang La pour être précis, le bus se retrouve bloqué car un camion-citerne a été pris dans un éboulement. Il faut soit le dégager (ce que commence à faire une pelleteuse, mais ça semble compliqué), soit essayer de tasser tout autour et de stabiliser le passage pour que les véhicules bloqués puissent passer (ce que fait ensuite la pelleteuse). Au total, nous restons 5 heures là-haut, autant vous dire qu'à plus de 5000 mètres d'altitude, on ne fait pas les malins ! Avec Yann ça va, on ne résiste pas trop mal, juste un léger mal de crâne au bout d'un moment et un peu de mal à respirer... on est trop des warriors!!! Mais certains font des malaises et un homme doit même prendre une voiture pour redescendre. Les heures passent, la nuit tombe, on regarde la pelleteuse se débrouiller comme elle peut, les gens autour de nous qui s'énervent (surtout les français!). Pour nous deux, ça nous fait marrer puis ça fait des souvenirs ! Et finalement, 5 heures plus tard, on repart (le camion-citerne est toujours bloqué mais un passage a été fait). Il reste encore pas mal de route, nous arrivons à Leh vers 2h du matin. Là, évidemment, tout est fermé et il n'y a pas de taxi ni de rabatteurs d'hôtel comme partout ailleurs... C'eût été trop simple ! Un peu paumés dans la ville, on marche un moment avant de trouver un hôtel ouvert... ce qui finalement arrive... Pfiouf, nous sommes rendus !

 

Nous avons prévu de passer 8 jours dans le coin... Les deux premiers jours, on découvre Leh : maisons en terre, rues escarpées, montagnes arides qui encerclent la ville, montagnes enneigés au loin... C'est ouf ! Ça change énormément de tout ce que l'on a pu voir jusque-là. Nous sommes dans une région à majorité bouddhiste, il y a donc pleins de monastères, des « stupas » un peu partout (on vous laisse chercher ce que c'est, nous on a mis du temps à capter!), des drapeaux de prière, une ambiance plus « peace ». L'hôtel dans lequel nous restons est une maison typique ladakhie, en bois et en terre, avec une cour intérieure, c'est agréable de s'y poser et de discuter avec le propriétaire, un petit monsieur de 82 ans (on apprend qu'il s'agit de la première guesthouse de Leh). Bref, deux petites journées tranquilles, entre promenades, bouffes (on goûte du fromage de yak) et préparatifs pour partir en rando... Bah oui, ce serait dommage de ne pas partir à la découverte des montagnes himalayennes (enfin d'en avoir un aperçu).

Nous partons donc 4 jours en rando, avec un guide. Au programme : 4-5 heures de marche par jour (ça reste soft) et nuits chez l'habitant. Nous marchons au milieu des montagnes arides, grimpons quelques sommets (jusqu'à 4000 mètres, mais on part de 3000 mètres, donc c'est pas non plus de l'extrême!), traversons des villages tout verts organisés autour de rivières, des vergers où nous mangeons des abricots, visitons des monastères. Yann veut que je précise qu'on a aussi vu un lapin dans la montagne... Dormir dans des familles a été super : on a joué avec les gamins ; on a mangé local et j'ai appris à préparer des momos (sorte de raviolis à la vapeur), ce qui ne fût pas une réussite ; on a goûté la chang, bière locale faite à base d'orge (ça ressemble à la chicha d'Amérique du Sud) ; et on a utilisé des toilettes sèches à base de terre (j'ai pensé à vous les copains bio-écolos!). Ce fût vraiment une belle expérience :-) Nous sommes rentrés à Leh un peu fatigués mais pas trop courbaturés (Arnica Montana 9CH, mon sauveur!).

Pour terminer ce court séjour montagneux, nous avons visité un palais qui surplombe la ville, nous avons grimpé jusqu'à un grand stupa (on voulait encore marcher!), nous avons cherché un orphelinat pour ânes que l'on n'a jamais trouvé, nous avons rempli nos bouteilles avec de l'eau stérilisée (c'est une asso qui propose cela et c'est plutôt chouette quand on voit la quantité de bouteilles plastiques que l'on jette faute de pouvoir les remplir – soit dit en passant, j'ai eu l'impression qu'ici la conscience écolo était un peu plus présente qu'ailleurs en Inde, mais ce n'est peut-être qu'une impression...). Je m'égare !

 

Tout cela pour dire que le Ladakh c'est vraiment une très belle région avec des gens gentils et accueillants. On s'y est beaucoup plu, même si on n'en a vu qu'une infime partie ! Nous en sommes quand même repartis... pour retourner en Inde ;-) La suite au prochain épisode !

 

 

PS : connexion vraiment toute naze... Photos à venir, dans l'article si on y arrive, sinon sur Facebook (message perso : désolée Hanafi, promis on rattrape le retard au retour !)...